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Le Tarn perd Renée Mège, née Taillefer, femme résistante et engagée

16/02/2016
« Ma vraie résistance a été dès le premier jour le refus d’accepter cet épouvantable armistice de 1940, la souffrance de mon pays, l’ivresse du peuple allemand, la collaboration de Pétain, la trahison ! Savoir dire non, œuvrer avec de faibles moyens ce qui suppose une infinité d’actes qui ont rempli ma vie, ma jeunesse pendant quatre années ».
 
Née le 9 janvier 1927 à Montans, Renée Taillefer est la cadette d’une famille de trois enfants. Son père possédait une petite entreprise de maçonnerie et sa mère une petite propriété agricole. Dès l’âge de 13 ans, elle devient apprentie et manœuvre. Avec son père elle apprend non seulement l’amour du travail bien accompli mais aussi à surmonter ses craintes, ses peurs, à faire face aux événements, à se forger un caractère solide et fort…

Agent de liaison
 
Un soir de 1943 alors que son père avait rejoint comme combattant le groupe Roger nom de son chef Roger Toinotte, le corps franc*, Renée tout juste âgée de 15 ans, fait le choix elle aussi de s’investir en tant qu’agent de liaison. Sans éveiller les soupçons elle traversait toutes sortes de barrages allemands et miliciens afin de faire circuler l’information entre résistants. La nuit elle glissait des tracts et des journaux clandestins dans les boîtes à lettres. Fin 1943, l’arrivée du colonel Vendôme, officier mis à pied par Pétain en raison de son appartenance à la Franc Maçonnerie, va radicalement changer la résistance gaillacoise et la vie de Renée. Il transforma les résistants en de véritables combattants et fit de Renée son agent de liaison. Elle sillonnait les routes à bicyclette, de jour et /ou de nuit, allant même jusqu’à Montauban pour transmettre des renseignements dissimulés dans ses chaussures ou dans le guidon du vélo. Son action ne s’arrêta pas là puisqu’elle dut acheminer depuis Técou, 4 kg de plastic pour saboter la voie ferrée Albi-Toulouse, réussissant à faire passer les explosifs dissimulés sous des sacs de prunes, au travers d’un barrage allemand à Brens.

Combattante Le 12 juin 1944 elle participa à l’attaque de la prison de Gaillac où transitaient 44 détenus en partance pour l’Allemagne. Le 16 août, veille de la libération de Gaillac, avec son camarade Rousseau, elle fit prisonnier les 17 soldats allemands d’un convoi ferroviaire qui venait d’entrer en gare. Ils furent rapidement appuyés par des renforts envoyés par Vendôme, prévenu par le chef de gare. Vendôme devint un père spirituel et ami pour Renée. À la fin de la guerre elle s’engagea dans les forces françaises en Allemagne. Pour tous ces faits, elle sera décorée en 1945 de la Croix de Guerre avec palme (à l’âge de 17 ans), de la Médaille Militaire en 1952, et élevée au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur depuis 2000.
 
(*) : Corps francs de libération : terme de toutes formations armées pouvant regrouper maquis, groupes francs, AS ou FTPF.
 
Un engagement d’une vie
 
« J’ai survécu pour témoigner et non pour juger ». Renée Mège-Taillefer a poursuivi inlassablement son devoir de mémoire en participant à de nombreuses rencontres notamment avec les jeunes.
Madame Mège s'est engagée dans l'ombre dans de nombreuses associations humanistes et philosophiques.

Le Département du Tarn lui a rendu hommage de son vivant en donnant son nom au nouveau collège de Gaillac en 2010.